Les savoirs expérientiels en santé mentale : entre monnaie d’échanges et objets frontières

Synopsis de cet article de Emmanuelle Jouet (1) , Aurélien Troisoeufs (1) , Olivier Las Vergnas (2, 3, 4), qui traite des savoirs expérientiels : « Les savoirs expérientiels en santé mentale : entre monnaie d’échanges et objets frontières »

Une équipe de chercheurs français en sciences humaines et sociales décortique les différentes façons d’étudier et de conceptualiser le savoir expérientiel en santé mentale et en psychiatrie dans la littérature scientifique. Ces chercheurs font ressortir les bénéfices et les limites de ces approches et discutent des complémentarités potentielles de celles-ci. Ils produisent ainsi une typologie des représentations de la valorisation de l’expérience des patients dans le système de santé.

L’article met en évidence la pluralité des formes de mobilisation de l’expérience vécue en santé mentale, en distinguant quatre registres allant du recueil du ressenti individuel à une participation plus collective et politique. L’expérience peut ainsi être mobilisée comme simple retour utilisateur visant l’amélioration des services, comme donnée agrégée servant à la régulation et à l’optimisation des dispositifs, comme expertise spécifique reconnue dans des formes de professionnalisation telles que la pair-aidance, ou encore comme ressource critique inscrite dans des démarches de co-production et d’émancipation. Ces différentes configurations s’accompagnent chacune de bénéfices spécifiques, mais aussi de limites importantes, notamment en termes d’instrumentalisation, de standardisation ou de faible pouvoir de transformation. L’ensemble souligne ainsi que les savoirs expérientiels ne constituent pas une réalité homogène, mais une ressource située, dont les usages et les effets varient selon les cadres institutionnels et les relations de pouvoir dans lesquels ils s’inscrivent.

 

 

 

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