L’article porte sur une enquête inclusive basée à Lille et consacrée à l’accès à la ville et aux transports en commun, en partant du constat que la mobilité conditionne directement la participation sociale, citoyenne et urbaine. Plutôt que de traiter l’accessibilité comme un simple problème technique ou réglementaire, la recherche adopte une démarche inclusive, associant directement les personnes concernées par les obstacles à la mobilité à la production des données et à l’analyse des situations vécues.
Le cœur de la démarche consiste à adapter les formes de l’enquête à un public spécifique, en tenant compte des contraintes corporelles, cognitives, sociales et relationnelles liées aux déplacements urbains. Cela implique de transformer les méthodes classiques de recherche (entretiens, observations, parcours commentés) pour qu’elles soient praticables, significatives et pertinentes pour les personnes concernées. L’enquête ne vise donc pas seulement à documenter les difficultés d’accès aux transports, mais à faire émerger des savoirs situés, ancrés dans l’expérience concrète de la ville, et rendus possibles par des dispositifs méthodologiques adaptés.