Le sujet ne touche pas directement à la participation et à la pair aidance, mais il y est lié. L’étude du cesep réalisée par les sociologues Julien Charles et Thomas Chevallier montre que les modes de financement public influencent fortement l’autonomie des associations. Elle oppose un modèle d’Éducation permanente, fondé sur la confiance, l’émancipation et le droit à la critique, à un modèle d’Insertion socioprofessionnelle davantage orienté vers les résultats mesurables, le contrôle et l’activation des publics.
Cette distinction éclaire directement les enjeux de la pair-aidance et de la participation. Les effets les plus importants de ces démarches, comme le pouvoir d’agir, la confiance en soi, la citoyenneté ou la production de savoirs expérientiels, sont souvent difficiles à réduire à des indicateurs chiffrés. Lorsque le financement privilégie uniquement les résultats quantifiables, ces dimensions risquent d’être invisibilisées.
Pour le Réseau Nomade, l’enjeu est donc de défendre une conception de la participation comme finalité démocratique et non comme simple outil d’efficacité. Le réseau peut être compris comme un espace d’enquête collective où usagers, professionnels et citoyens produisent ensemble des savoirs et des propositions. Dans cette perspective, l’autonomie associative apparaît comme une condition essentielle au développement de la pair-aidance et de formes de démocratie expérimentale