L’article proposé par Valentine Peren débute par le constat du vieillissement de la population sans chez-soi. D’après le dernier recensement de Bruss’Help, près de 10% ont plus de 60 ans. Compte tenu du vieillissement précoce lié à la vie en rue, il est suggéré de considérer la catégorie « senior » dès l’âge de 50 ans et plus, ce qui augmente à 25% la population de personnes âgées sans chez-soi.
Face à ce constat, trois associations (Senior Montessori, SMES et Infirmiers de Rue) ont réalisé un projet ne vue de faciliter l’accès en maison de repos et de soin (MRS), rapidement rejoint par deux autres (Douche Flux et DUNE).
L’entrée dans les établissements de MRS de personnes en grande précarité a pour effet une hausse des enjeux de précarité, d’assuétude et de santé mentale dans le secteur de l’hébergement pour personnes âgées, impliquant des aménagements spécifiques, malgré le sentimetn d’être partiellement démuni pour les professionnel·le·s face à la transformation de leur secteur. Les incompréhensions respectives, des barrières symboliques et matériels ont parfois comme conséquence une crispation des parties respectives de l’échange. Face à ces difficultés, le projet croise approche Montessori, pour personnes fragiles et dépendantes, avec le Housing First.
L’article présente ces deux courants. Premièrement le Housing First, ce retournement des besoins de la précarité cherche à faire du logement un droit et un pilier central dans une logique de rétablissement, comme voie de sortie d’un traitement urgentiste de la problématique chronique du logement. Actuellement, le HF est présent dans 47 associations belges, suit 1092 personnes et en a relogé durablement près 2220. Ensuite la méthode Montessorri, L’approche Montessori appliquée aux personnes âgées fragilisées, développée dans les années 1990 par le neuropsychologue Cameron Camp, transposant la philosophie éducative de Maria Montessori au champ de la gérontologie en l’inscrivant pleinement dans les approches centrées sur la personne. Elle constitue une alternative au modèle biomédical classique en se focalisant non sur les symptômes, mais sur les besoins, les capacités préservées et la possibilité de redonner aux personnes âgées contrôle, sens et appartenance. Cette démarche repose sur trois leviers : une posture de facilitateur adoptée par les soignants, une vision capacitaire visant la mise en réussite, et l’aménagement d’un environnement physique et social soutenant l’autonomie au sein de la vie quotidienne et des rôles sociaux. En invitant les professionnels à considérer les comportements dits « problématiques » comme l’expression de besoins non satisfaits, l’approche Montessori opère un changement de paradigme qui répond à des enjeux contemporains du secteur (absentéisme, réactions comportementales) et s’est largement diffusée à l’international.
L’article entame ensuite le descriptif de cette approche intersectorielle, au gré des questionnements et constats qui émergent (manque de pertinence de l’échelle de Katz, stigmatisation par la personne de ces profils de vieillissement précoce, les ponts entre professionnel·le·s). Nous vous laissons le soin de découvrir les différents exemples repris au fil du texte, en insistant surtout sur les effets positifs de ce croisement et sur les apprentissages d’une posture intersectorielle.
Quel lien avec la participation et/ou la pair aidance vous allez me dire ? L’idée que l’approche Montessori se base sur la reconnaissance de l’individu comme acteur de son propre rétablissement, et interlocuteur non seulement crédible mais qui plus est indispensable.