Le numéro 49 de Pauvérité, la revue du Forum Bruxelles contre les inégalités sociales, adresse la question de la littératie en santé.
La littératie en santé renvoie aux compétences nécessaires pour trouver, comprendre et utiliser des informations influençant la santé et le bien‑être. Le document montre que dans un contexte social et institutionnel complexe comme Bruxelles – marqué par des démarches numériques, un langage technique, des procédures bureaucratiques et une offre de services fragmentée – ces compétences sont inégalement réparties. Cette inégalité contribue directement au non‑recours aux droits, à la perte de confiance et à une aggravation des inégalités sociales de santé. Ainsi, la littératie en santé n’est pas qu’une question individuelle : elle révèle surtout des environnements institutionnels peu lisibles.
C’est précisément là que la pair-aidance et la participation jouent un rôle central. L’approche organisationnelle de la littératie en santé (LSO) proposée dans le document insiste sur l’implication active des personnes concernées dans l’analyse des obstacles et dans la co‑construction des solutions. Les usagers — qu’il s’agisse de citoyens, de patients, d’habitants ou de pairs-aidants — sont considérés comme les mieux placés pour identifier les pratiques, les supports et les dispositifs qui restent inaccessibles. La présence de pairs, capables de traduire, accompagner, reformuler ou sécuriser les démarches, renforce la capacité collective à comprendre les services, à y accéder et à s’y orienter. La participation devient alors un mécanisme concret de réduction de la complexité.
Enfin, la démarche LSO reconnait que pour qu’une organisation devienne réellement accessible, elle doit structurer durablement la participation des usagers et intégrer les pairs comme acteurs de transformation. Cela passe par des groupes de travail mixtes, l’analyse conjointe des espaces d’accueil, la co‑création de supports ou encore la priorisation des actions selon la méthode du “cabotage”. En soutenant la participation et la pair-aidance, les organisations augmentent la lisibilité de leurs services, renforcent l’autonomie des personnes et réduisent les inégalités de santé en agissant sur les conditions mêmes de l’accès aux droits. La littératie en santé devient alors un levier d’émancipation, partagé entre professionnels, pairs et usagers.