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Espace de paroles La Strada

Créé en 2000 par la Strada (Bruxelles), les espaces de paroles sont des espaces d’expression pour les sans-abris. Ce projet a pris naissance suite à l’une des propositions qui se dégageaient du rapport final de l’étude réalisée par le Germe-ULB et commanditée par la COCOM (Commission Communautaire Commune) sur « La Problématique sans-abri en Région de Bruxelles-Capitale » (2000). Commencée au sein de l’Asile de Nuit Pierre d’Angle en 2002, l’activité des Espaces de Parole se développe désormais au sein de la Strada, Centre d’Appui au secteur de l’aide aux sans-abri.

Objectifs

  • Créer des espaces pour l’expression des plus démunis et des lieux d’échange d’informations entre le public cible, les travailleurs, les institutions ou les pouvoirs publics.
  • Favoriser la communication entre les institutions en général et le public concerné.

Avec, à terme, la volonté de :

  • Pouvoir faire participer ce public aux processus de décision qui les concerne au premier chef ainsi que de permettre la constitution d’identités positives de ce public.
  • Créer un véritable réseau des Espaces de Parole présents dans diverses structures de l’aide aux sans-abri.
  • Favoriser les expressions des personnes sans-abri sous différentes formes (y compris culturelles et artistiques) tout en suscitant un plus grand investissement des travailleurs sociaux du secteur.

Comment ça se passe ?

Une démarche basée sur sept postulats :

  1. Les personnes sans-abri ont quelque chose à dire de leur situation. Il est donc important de les mettre en relation avec ceux qui précisément organisent cette aide. Durant les réunions d’EP, les travailleurs viennent écouter et il n’est pas attendu d’eux qu’ils donnent des réponses toutes faites. La parole institue le sujet et le fait « d’être invité » implique une reconnaissance en tant qu’expert de vécu.
  2. Ces personnes, malgré des conditions de vie dégradée, disposent de ressources qui leurs sont propres. L’EP permet d’activer ces ressources en considérant les personnes comme des individus à part entière. L’animateur travaille sur les plaintes émises durant la réunion et il travaille avec le groupe sur le dépassement de la plainte. Par exemple, les problèmes liés à l’absence d’intimité dans les services d’hébergement ont pu être mis en évidence.
  3. La genèse des mots permet une distanciation par rapport à la situation immédiate. Les usagers parlent de leurs conditions de vie et partagent leurs sentiments de colère, d’injustice et d’impuissance.
  4. L’animateur régule la parole en la faisant circuler entre les différentes personnes. L’échange d’informations utiles entre les pairs favorise la valorisation des uns et des autres.
  5. Mettre en interaction des personnes mal-logées avec des représentants de la société civile (étudiants, chercheurs, bénévoles) permet d’avoir un impact sur les représentations autour de l’ « homme de la rue ».
  6. Les réunions n’ont pas pour objet l’aide individuelle. L’animateur veille à ce que le groupe n’entre pas dans un faux traitement individuel de la situation. Il y a un travail de cadrage qui se fait tout au long de la réunion. La réunion est un moment de dialogue entre ceux qui demandent de l’aide et ceux qui apportent de l’aide, en dehors de tout enjeu immédiat.
  7. L’E.P. n’est pas non plus un espace thérapeutique, même si les effets peuvent s’avérer bénéfiques.

Freins

  • Il peut arriver qu’une institution demandeuse de l’EP n’accueille pas dans de bonnes conditions (absence de communication et de catering).
  • Usagers dans l’attente de solution immédiate, ce que l’EP ne peut apporter.
  • Receuillir la parole des usagers se traduit rarement en décisions politiques.

Plus-value

  • Autant du côté travailleur que du côté bénéficiaire, on constate un impact sur les représentations des uns et des autres.
  • Lieu de rencontre, création d’un lien social.
  • Stimule la citoyenneté.

Perspectives

Envisager une continuité dans les réunions: que les sessions de réunions se poursuivent dans les institutions une fois que l’animateur de la Strada termine son cycle.

www.lstb.be