DoucheFLUX

Des activités variées pour stimuler un public précarisé

DoucheFLUX propose plusieurs activités qui tentent de favoriser l’implication des précaires.Un des buts est de proposer des activités autre qu’artistiques (qui impliquent de posséder la fibre artistique et ne sont donc pas accessibles à tou.te.s). L’objectif est de redonner estime et confiance de soi aux bénéficiaires, de contrer leur exclusion et leur auto-exclusion. Les bénéficiaires ne sont pas forcément là pour acquérir des compétences, mais surtout pour rester actifs.ves. En effet, l’oisiveté forcée qu’implique la précarité peut être vue comme une cause d’instabilité mentale.

Les activités

  1. Émission radio « La voix de la rue » : il s’agit d’une émission sur la vie des précaires. Ce projet a pour but de faire entendre la voix des précaires à propos des problématiques liées à la pauvreté. Ce projet, largement participatif, est conçu comme un porte-voix. Il est une réponse au désir « d’esprits » de la rue de faire bouger les choses en faveur des plus démuni.e.s : face au constat du nombre grandissant de personnes à la rue, l’objectif est d’une part de sensibiliser à cette problématique et, d’autre part, d’améliorer la situation en tirant de cette expérience de vie à la rue des points de vue et des conseils utiles. www.radiopanik.org/emissions/la-voix-de-la-rue
  2. Films-débats : le film est un prétexte au débat. Thèmes abordés: « être femme à la rue », « les précaires ont-ils besoin d’activistes? »…
  3. DoucheFLUX meets school : des précaires vont à la rencontre des publics jeunes dans les écoles. Le but est de rompre les stéréotypes liés la pauvreté. C’est aussi constructif du point de vue de l’usager.e qui doit apprendre à affronter des questions dérangeantes telles que « pourquoi tu bois? » ou « pourquoi tu ne travailles pas? ».
  4. DoucheFLUX Magazine : les rédacteurs.trices sont pour la plupart des précaires. S’ils éprouvent des problèmes pour rédiger, ils peuvent demander à l’équipe (il y a aussi un écrivain public à disposition). DoucheFLUX magazine donne les moyens de l’expression aux plus précaires. L’encadrement consiste surtout à «rappeler à l’ordre» pour le respect des échéances (impression du magazine). DoucheFLUX magazine est aussi vendu par les précaires. Il y a 103 vendeurs bénévoles officiels. Le vendeur achète le magazine 2€ (son prix de revente) et sont défrayés pour 1,75€. Les feed-backs des vendeurs permettent d’améliorer le magazine (par exemple, recto en français et verso en néerlandais).
  5. Manifestation : stimuler l’expression citoyenne des précaires.
  6. Maraude : travail de rue avec des bénévoles précaires.
  7. Think Tank : un laboratoire d’idées ayant lieu chaque mois, en soirée, au siège de l’asbl. Il est composé de personnes, d’experts, de membres de DoucheFLUX, de sans-abris, de précaires participant.e.s ou non aux activités de DoucheFLUX. Le but est de développer tout l’appareil critique possible quant à la pauvreté et de faire avancer la pratique des personnes qui y participent, d’où qu’elles viennent (résistant à leur propre précarité ou luttant contre celle d’autrui). Lors de chaque séance, un thème est abordé par un invité suscitant toutes les questions et contradictions nécessaires à la construction de solides concepts.
  8. Évènements : organisation d’évènements pour financer DoucheFLUX (avec ou sans la participation des usager.e.s).

De manière général, DoucheFLUX est dans la proposition, mais une initiative des usager.e.s est toujours la bienvenue. Souvent, la proposition entraîne l’initiative. C’est l’occasion qui fait le larron. Le but est de créer un dispositif pour que ceux et celles qui veulent s’y inscrire le puissent facilement, sans contrainte.

DoucheFLUX a modifié les statuts de l’asbl afin de valoriser la participation des bénéficiaires par la création du statut de membre actif à côté de celui de membre adhérent (« un peu moins actif »). Pour l’attribution du statut de membre actif, aucune différence n’est faite entre les membres « précaires » et « non-précaires » qui travaillent dans l’asbl comme bénévoles. À la fin de l’année, on évalue qui peut passer du statut d’adhérent.e à celui d’actif.ive. Cette évaluation prend en compte la régularité de la présence du membre et son implication dans les activités de l’asbl. Les membres actifs.ives élisent un.e représentant.e pour l’assemblée générale (il dispose d’une voix délibérative). Le statut de membre actif.ive peut avoir un impact positif sur le ou la bénéficiaire : ça lui apporte la reconnaissance officielle dont il peut manquer.

www.doucheflux.be