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Boule-de-neige

Méthode participative de prévention par les pairs

Initié fin des années 80 par Modus Vivendi (Saint-Gilles / Bruxelles), Boule-de-Neige (BDN) est une méthode de prévention par les pairs destinées aux usagers de drogues. Dans le contexte de l’expansion du sida, il est apparu que le la mise en place d’une méthode d’intervention par les pairs permettrait de toucher plus efficacement le public marginalisé des consommateurs de drogues par injection.

Objectifs

  • Réduire la dissémination des virus du sida et des hépatites, ainsi que les autres risques (overdose, exclusion…) auprès des usagers de drogues au niveau local, avec la participation active des intéressés.
  • Stimuler la participationd’usagers de drogues marginalisés : en prenant place dans des processus de participation visant à améliorer la santé de ses pairs, l’usager retrouve une place, un rôle à jouer dans la société civile.
  • Assurer une diffusion des informations relatives aux modes de protection et aux dispositifs locaux mis en place à cet effet (comptoirs d’échange de seringues, opérations stérifix, brochures d’informations sur les différents produits, associations relais…).
  • Favoriser la prise de conscience par les intervenants des secteurs toxicomanie et connexes (santé mentale, aide à la jeunesse…) de la nécessité d’intégrer des objectifs de réduction des risques et de promotion de la santé dans le cadre particulier de leurs pratiques. Pour ce faire, développer des partenariats locaux en vue de réaliser les opérations Boule-de-Neige.
  • Promouvoir les échanges d’expériences et de savoirs entre institutions, intervenants de terrain et usagers de drogues issus de contextes régionaux et socioculturels différents.
  • Puiser à la source une information sur l’évolution des conduites à risques actuelles en vue d’adapter les stratégies de prévention.

Comment ça se passe?

Boule-de-Neige est donc une méthode de prévention par les pairs destinées aux usagers de drogues. Des usagers de drogues transmettent à d’autres usagers un message de prévention du Sida, des hépatites et autres risques associés à la consommation de drogues. Il s’agit d’opérations de proximité, visant un public marginalisé d’usagers de drogues qui n’ont, en général, que peu ou pas de contacts avec les structures de soins, et qui sont peu touchés par les campagnes de prévention destinées au grand public.

Une attention particulière est également donnée lors d’opérations BDN pilotes aux populations les plus défavorisés comme les populations migrantes, le milieu de la prostitution, les jeunes, les femmes, milieu carcéral…

L’opération permet également de recueillir des informations sur les comportements et pratiques des usagers.

Le BDN par étape

  1. L’opération BDN démarre par un recrutement d’usagers de drogues : les animateurs BDN constituent un groupe de 6 à 12 participants, appelés communément «jobistes».
  2. Les jobistes suivent quelques séances de formation (3 ou 4 d’environ 2 heures, animées par des professionnels de la santé et du travail social). Ces séances poursuivent 2 buts : renforcer les connaissances sanitaires des jobistes (en effet, ils reçoivent et échangent des informations sur le Sida, les hépatites et plus largement les risques liés à la consommation de produits psychotropes) et les préparer à faire passer des messages de RdR à d’autres usagers, leurs pairs: à l’aide de jeux de rôle et de mises en situation, les jobistes ont l’occasion de s’exercer à la rencontre de l’autre : comment vont-ils les aborder, comment expliquer le projet….
  3. Une fois cette phase d’information et de mise en situation achevée, les jobistes abordent la deuxième phase de l’opération, phase de terrain durant laquelle ils vont à la rencontre de leurs pairs afin de répercuter l’information sanitaire qu’ils ont acquise. Les jobistes ont pour mission d’établir chacun entre 10 et 15 contacts différents. À chaque contact établi, le jobiste propose au pair de remplir avec lui un questionnaire anonyme. La passation de ce questionnaire constitue la clé de voûte de la relation entre les 2 personnes : elle fournit l’occasion d’aborder des thèmes comme la consommation de drogues, les relations sexuelles, les prises de risques…
  4. Le jobiste passe une évaluation (elle permet à chacun de formuler ses motifs de satisfaction, de déception, ses doutes, ses craintes…) puis est rémunéré. Environ 700 usagers de drogues sont contactés chaque année en Communauté française dans les régions de Bruxelles, Charleroi, Liège, et Namur. Dans le cadre de sa mission, le jobiste BDN est amené à se déplacer afin d’aller à la rencontre de ses pairs : par conséquent, tout son matériel tient dans un sac à dos prévu à cet effet. Ce sac à dos contient des brochures d’information sur les produits psychotropes (alcool, cannabis, ecstasy, speed & amphétamines, LSD & champignons, cocaïne, héroïne, et médicaments psychoactifs), des brochures sur les MST et les hépatites ainsi que sur les tatouages, piercings, la pilule du lendemain…), des préservatifs et du lubrifiant, les adresses des comptoirs d’échange de seringues de la région et d’autres documents que les animateurs et les jobistes estimeront utiles aux personnes rencontrées (information sur les prochaines séances de dépistage de l’hépatite C…). De plus, ce sac à dos contient une quinzaine de questionnaires Boule-de-Neige, ainsi que des bics sur lesquels sont inscrits les coordonnées du partenaire BDN de la région.

Les partenaires BDN

Accueil Drogues, Coordination Provinciale Sida Assuétudes, Comptoir «L’Échange» de Namur Entraide Sida, Carolo Rue, Le Comptoir asbl, DUNE asbl, Transit asbl et Centre d’Action Laïque du Luxembourg.

www.modusvivendi-be.org